.

Philippe Mohlitz, "Le vapeur égaré"
Philippe Mohlitz, Le vapeur égaré, gravure, 38 x 50 cm

Philippe Mohlitz est le nom d'artiste d'Émile Philippe Magaudoux, graveur français né le 7 mars 1941 à Saint-André-de-Cubzac (Gironde), et mort le 14 mars 2019 à Bordeaux.

Les sujets extrêmement variés choisis par Mohlitz lui donnent une place éminente dans l’histoire de la gravure où il apparaît souvent comme un chef de file du courant fantastique contemporain, du moins comme celui de l'école fantastique de Paris.
Il se définit lui-même comme un « artisan illustrateur », ou un « fabricant d’images » capable de représenter tout ce qui est figurable. Plantes, animaux, personnages, architectures, ou machineries complexes sont montrés avec un réalisme puissant dans des situations imaginaires surprenantes. Cela explique que de multiples liens et affinités semblent traverser son œuvre très riche. Il se dit lui-même inspiré par des artistes comme « Dürer, dont on ne peut pas rester insensible, mais aussi Silvestre, Rembrandt, Schongauer. »
Son goût le porte vers des thèmes imaginaires ou fantastiques souvent représentés dans un style qui évoque la bande dessinée. Rien ne lui est étranger : religion, mythologie, art, érotisme, guerre, architectures variées, décombres et bric-à-brac, machineries sophistiquées, animaux divers, avions et navires en ruine, personnages bizarres et décalés, ciels chargées de nuées, paysages apaisés ou jungles farouches…
Il n’illustre habituellement pas de sujets choisis à l’avance par d’autres, mais crée en revanche de toutes pièces des univers de fiction insolites et complexes, parfois angoissants, en dépit d'un humour décalé qui adoucit la force. Il faut parfois beaucoup de temps pour découvrir la richesse de son travail et l’on se perd souvent dans ses gravures.
Tout est mystère et dépaysement chez Mohlitz car les personnages et les situations, souvent absurdes ou voués à l’anéantissement, apparaissent dans des lieux étranges avec une temporalité incertaine qui emprunte librement aux différentes époques de l’histoire pour nous faire perdre nos repères habituels. Les machineries anciennes ou les navires en rade qu’il affectionne présentent un délabrement souvent inquiétant.


Philippe Mohlitz a exposé au Cac du 17 octobre au 16 novembre 1986